Point financier :
La volatilite,
un mal necessaire

 

Si vous voulez aller sur la mer sans aucun risque de chavirer, alors n’achetez pas un bateau : achetez une île !
Marcel Pagnol

 

Dans un monde qui change, la traduction financière des fluctuations s’appelle la volatilité.

Pour l’épargnant bon père de famille la volatilité des marchés actions est une source d’angoisse. Elle provoque des réactions émotionnelles compréhensibles, qui peuvent conduire à des erreurs, comme vendre au plus bas, et donc maximiser ses pertes.

Pour le célèbre Warren Buffett *, il ne faut pas confondre risque et volatilité : « le cours des actions sera toujours beaucoup plus volatil que le cours des obligations. Cependant, sur le long terme, les instruments financiers libellés en devises (obligations) sont des investissements bien plus risqués qu’un portefeuille d’actions variées acquises au fil du temps. (…) Le terme volatilité est presque universellement utilisé comme équivalent de « risque ». Ce postulat (…) est complètement faux ». Autrement dit, la volatilité est un phénomène normal dont la prise en compte doit être étroitement associée à son horizon de placement.

Warren Buffett est  un homme d’affaires et investisseur américain. Surnommé « l’oracle d’Omaha », il fait partie des hommes les plus riches du monde. Agé de 85 ans, il demeure une référence  dans le monde  de la finance pour ses performances, mais également pour ses bons mots. Extrait : Toujours investir dans une entreprise qui fait des bénéfices réguliers. Buffett n’a jamais investi dans une entreprise qui perd de l’argent même si elle a de brillantes perspectives. Au moment du krach des valeurs internet en 2000/2001, Buffett expliquait qu’« il vaut mieux avoir une fiancée sur son canapé que 10 sur son carnet d’adresse ».

Pour apprendre à vivre avec les fluctuations de son capital, il faut avoir confiance dans le « pilote » car on ne confie pas les clefs de son épargne à un gérant  sans s’assurer qu’il respecte le code de la route. Un premier conseil consiste à vérifier sur les notices AMF, la notation du fonds (1 à 7). Une note de 1 à 4 indique que le niveau de risque est faible ou équilibré, à partir de 5 il est élevé.

Au-delà de cette clé de lecture qui a le mérite de la simplicité, le monde de la recherche financière utilise un grand nombre de critères d’analyse dont la compréhension est loin d’être évidente. Parer pour un petit voyage dans le « jargon » financier ?

Nous vous présentons ici les principaux indicateurs permettant d’éclairer l’investisseur sur le couple rendement/risque d’un fonds (OPCVM).

Le ratio de Sharpe :

C’est un indicateur de la rentabilité (marginale) obtenue par unité de risque pris dans cette gestion. Il permet de répondre à la question suivante : le gestionnaire parvient-il à obtenir un rendement supérieur au référentiel et avec quel niveau de risque ?

L’Alpha (a) mesure la performance d’un OPCVM par rapport à son indice de référence. Soit un portefeuille P, référence CAC 40. Si α> 0, le portefeuille bat le CAC 40. Si α<0, le portefeuille fait moins bien.

Le Beta compare les variations d’un fonds par rapport à son indice de référence. Soit P, référence CAC 40. Quand le CAC 40 varie de 10%, si β = 1.7, P variera de 17%; si β = 0.8, P ne variera que de 8%.

Un β >1 amplifie les mouvements de l’indice, un β < 1 les atténuera.

La corrélation mesure la propension d’un titre à évoluer dans le même sens qu’un autre. Elle est comprise entre 1 et -1.

Soit 2 titres P et F. Quand P varie, si la corrélation est positive, F évolue dans le même sens; négative F évolue inversement; et proche de 0, F varie dans un sens ou l’autre. Une corrélation négative diminue la volatilité du portefeuille.

Le Tracking Error mesure l’écart de performance entre un OPCVM et son indice de référence. Plus le Tracking error est faible, plus l’OPCVM a une performance moyenne proche de son indice.

Le ratio d’information est un indicateur de la sur-performance d’un fonds par rapport à son indice de référence. Plus le ratio d’information est élevé, meilleur est le fonds.

Certains fonds privilégieront une gestion dite « value » (choix d’entreprise dont la valeur est décotée, notamment parce qu’elles sont peu prisées par les investisseurs, et qui présentent à leur sens de bonnes perspectives de rebond, le risque étant ici que la valorisation reste faible) ou au contraire une gestion «growth»  (choix d’entreprise dont les résultats sont en constante progression,  dans des secteurs à forte valeur ajoutée, avec pour risque de payer trop cher le titre notamment en période de faible croissance).

Ensuite pour choisir les valeurs qui composeront leur fonds, les gérants utilisent notamment l’indicateur suivant :

Le PER ( Price Earning ratio) se calcule en divisant la capitalisation boursière par le résultat net, ou en divisant le cours d’une action par le bénéfice net par action. Plus un PER est élevé plus l’action se paye chère. Les PER des entreprises du CAC 40 se situent actuellement entre 3.5 (comme AIR France) et 40 (HERMES par exemple) pour les deux extrêmes.

En conclusion, vous avez le droit d’être perplexe, mais est-ce une raison pour vous réfugier sur les fonds Euros ? Oui si vous ne supportez pas la moindre perte en capital. Sauf que la contrepartie de cette absence de risque sera un rendement faible de l’ordre de 1 à 2% par an.

Accepter une certaine dose de risque et de volatilité dans ce monde en perpétuel changement impose un pilotage et une modification rapide des stratégies de gestion retenues ; cela explique la faveur que nous donnons aux fonds flexibles (composés en parts variables d’actions, d’obligations, de devises…). Mieux protéger le portefeuille des baisses les plus marquées tout en participant aux hausses, fût-ce partiellement, voilà l’objectif.

Encore une fois, il s’agit de bâtir la solution qui conviendra à votre profil investisseur, votre horizon de placement et vos objectifs.